L’idée selon laquelle nous retiendrions 65 % de ce que nous voyons, contre 10 % de ce que nous lisons, ne repose pas sur une expérience identifiable. Elle a été popularisée dans un ouvrage de 2008. L’effet sous-jacent — certaines images se reconnaissent mieux que les mots correspondants — existe, mais les pourcentages ne suivent pas.
La recherche distingue plusieurs phénomènes. Reconnaître une photographie, dessiner soi-même un concept, construire une carte et retrouver une décision de réunion ne sont pas la même tâche. Aucun de ces résultats ne prouve que chacun possède un « profil visuel » ni qu’une infographie rend une réunion six fois plus mémorable.
Pour les notes de réunion, la conclusion raisonnable est plus modeste : conserver une trace écrite consultable, ajouter un repère visuel utile et vérifier rapidement l’ensemble. La Visual Note de Meeting.ai sert de carte de la conversation ; elle ne remplace ni la transcription horodatée ni l’AI-Powered Summary.
Un visuel est un chemin pour retrouver l’information, pas une promesse de mémorisation chiffrée.
D’où viennent les chiffres les plus répétés ?
Beaucoup proviennent de schémas pédagogiques sans source, de textes publicitaires ou d’une étude réelle extrapolée à une autre question.
| Affirmation | Origine traçable | Verdict | Formulation défendable |
|---|---|---|---|
| « Après trois jours, 65 % avec une image, 10 % sans » | Brain Rules (2008) reprend les chiffres sans identifier l’expérience | Exagéré | Les images de certains objets sont mieux reconnues que leurs noms ; aucun taux universel ne s’applique |
| « 65 % des gens apprennent visuellement » | Un article pédagogique de 2004 l’affirme sans enquête de population | Mythe | Les préférences de format ne constituent pas des profils d’apprentissage fixes |
| « Le cerveau traite l’image 60 000 fois plus vite » | Supplément publicitaire de Business Week en 1982 | Mythe | Le sens général de certaines images peut être perçu très vite, sans comparaison valable à 60 000 contre 1 |
| « Nous retenons 10 % en lisant et 90 % en faisant » | Pourcentages ajoutés après coup au cône d’expérience d’Edgar Dale | Mythe | Le cône original classait des médias par degré d’abstraction et ne donnait aucun taux de rétention |
| « On oublie 50 % en une heure, 70 % en un jour, 90 % en une semaine » | Chiffres greffés tardivement sur la courbe d’Ebbinghaus | Mythe | L’oubli est souvent plus rapide au début, mais son rythme dépend du contenu, de la personne et du test |
| « Le MIT a prouvé que l’image est traitée en 13 ms » | Étude de Potter et collègues sur la détection d’une cible dans une suite d’images | Réel mais étroit | Une cible annoncée peut être détectée après une exposition très brève ; l’étude ne comparait pas image et lecture |
| « L’écriture manuscrite est toujours supérieure » | Interprétation large d’une étude de 2014 | Exagéré | La sélection et la reformulation des idées comptent davantage que l’outil utilisé |
Le cas des 13 millisecondes montre comment une bonne référence peut produire un mauvais slogan. Les participants recherchaient une cible déjà nommée dans un flux rapide d’images. Ce protocole ne chronomètre pas la compréhension comparée d’une photo et d’un paragraphe.
Le cône de Dale illustre le problème inverse : les pourcentages de la « pyramide de rétention » ont été ajoutés à un dessin qui n’en comportait aucun. Subramony et ses collègues ont retracé cette transformation. La familiarité du schéma ne remplace pas une expérience.
Que sait-on réellement sur les images et la mémoire ?
L’effet de supériorité de l’image est bien établi pour la reconnaissance et le rappel d’éléments distincts. En 1967, Roger Shepard a présenté environ 600 éléments sous forme d’images, de mots ou de phrases ; la reconnaissance médiane était la plus élevée pour les images. Lionel Standing a prolongé ces travaux avec de très grands ensembles d’images en 1973.
La théorie du double codage propose une explication : les systèmes verbal et imagé peuvent offrir deux voies partiellement indépendantes pour retrouver une information. Mais une décoration sans rapport avec le concept ne crée pas automatiquement une deuxième voie utile.
Retrouver l’image d’une chaise ne revient pas à se souvenir de la personne qui a accepté une échéance, de la réserve exprimée par le service juridique ou de la raison d’une révision budgétaire. Une réunion comporte des relations, de l’incertitude et des formulations exactes. Le visuel peut servir de signal ; le texte conserve les détails.
Dessiner ou cartographier aide-t-il davantage ?
Produire soi-même une représentation peut être plus efficace qu’une lecture passive, parce qu’il faut sélectionner, organiser et générer le contenu.
Wammes, Meade et Fernandes ont observé en 2016 un « effet du dessin » au fil de sept expériences : dessiner le sens d’un mot améliorait son rappel par rapport au simple fait de l’écrire. La qualité artistique n’expliquait pas le résultat.
Une méta-analyse de Bertsch et collègues a combiné 445 tailles d’effet issues de 86 études. L’avantage moyen du contenu généré par la personne sur le contenu simplement lu était d’environ 0,40 écart-type. Cela ne signifie pas qu’une image produite automatiquement déclenche tous les processus cognitifs du dessin personnel.
Pour les cartes conceptuelles, Schroeder et collègues ont analysé 142 tailles d’effet et 11 814 participants. L’effet moyen était modéré, autour de g = 0,58 ; construire la carte avait un effet moyen plus élevé que l’étudier. Ces résultats viennent surtout de situations éducatives et ne garantissent rien pour une réunion commerciale ou un conseil d’administration.
Les termes comptent aussi. Une carte conceptuelle relie souvent les nœuds par des relations explicites ; une carte mentale rayonne plutôt depuis un centre. Il faut éviter d’utiliser les preuves de l’une comme validation générale de l’autre.
À quelle vitesse oublie-t-on une réunion ?
L’oubli est fréquemment plus marqué juste après l’apprentissage, puis sa vitesse diminue. Aucun modèle valable n’affirme toutefois que tous les participants perdent une fraction fixe d’une réunion au bout d’une heure, d’un jour ou d’une semaine.
Ebbinghaus a établi sa courbe en 1885 en apprenant des séries de syllabes sans sens et en mesurant le temps économisé lors du réapprentissage. Il ne mesurait pas la part d’une réunion qu’une personne pouvait citer. Murre et Dros ont reconstruit et répliqué la procédure en 2015, avec des délais allant de 20 minutes à 31 jours, et retrouvé la forme générale de la courbe.
Le geste utile n’a pas besoin d’un faux chiffre : relisez les notes assez tôt pour que les personnes puissent encore réparer un nom, une condition ou une attribution. Puis consultez le dossier au moment de reprendre le travail au lieu de compter sur le seul souvenir.
Le stylo est-il meilleur que le clavier ?
Pas de manière générale. L’étude de Mueller et Oppenheimer en 2014 a rendu célèbre l’idée que la lenteur de l’écriture manuscrite obligeait à choisir et reformuler. Une réplication directe menée par Urry et collègues sur 142 participants, complétée par une mini-méta-analyse de huit études, n’a pas confirmé un avantage immédiat régulier du manuscrit.
La question utile devient donc : « Que faites-vous de l’information ? » Une personne qui saisit une décision concise, sa raison et son responsable traite le contenu. Une autre peut recopier mot à mot au stylo sans décider ce qui compte.
Dans une réunion, tenter de tout noter concurrence aussi l’écoute. Un enregistrement autorisé peut prendre en charge les mots exacts pendant que vous cherchez à clarifier désaccords et arbitrages. L’automatisation déplace l’effort de capture ; elle ne retire pas la responsabilité de vérifier.
Comment appliquer ces résultats aux notes de réunion ?
- Conservez une source vérifiable. Une transcription horodatée permet de retrouver les termes exacts et, avec Voice Match, l’identité des intervenants confirmés.
- Rédigez la couche opérationnelle. Décisions, tâches, responsables, dates et motifs ont besoin de mots et d’une validation humaine.
- Choisissez un seul repère visuel pertinent. Une frise montre une séquence, un flux montre un processus, une comparaison sépare des options et une carte relie des thèmes.
- Relisez rapidement. Non parce qu’un taux universel l’impose, mais parce que les corrections sont alors plus faciles.
- Reliez les formats. La Visual Note oriente, l’AI-Powered Summary condense et la transcription permet l’audit.

Suivez un rituel ciblé : nommez les trois fils principaux à partir du visuel, vérifiez décisions et responsables dans la synthèse, ouvrez le bon horodatage pour tout point contesté, corrigez le dossier, puis rouvrez-le avant la réunion suivante. La page Notes de réunion montre comment ces trois couches restent associées.
Pourquoi avons-nous corrigé notre propre formulation ?
Meeting.ai a retiré de ses supports l’affirmation des 65 %, faute d’avoir trouvé une expérience qui l’étaye. Nous avions repris un chiffre familier issu de la même chaîne de citations fragiles que beaucoup de contenus sur les notes visuelles. C’était une erreur.
La promesse défendable reste utile : la Visual Note offre un chemin pour revenir dans la réunion, l’AI-Powered Summary indique ce qui demande de l’attention et la transcription préserve les propos. Utilisez les trois, vérifiez les éléments importants et abandonnez le chiffre des 65 %.





